Grand dieu égyptien d’Héliopolis, le Soleil bénéficia d’une faveur grandissante au cours de l’Ancien Empire, ainsi qu’en témoignent les noms et les titulatures des rois de cette période: de plus en plus, les souverains prennent l’habitude de se donner des noms composés avec celui de Rê et le titre de «fils de Rê» est inclus dans les titulatures royales dès la IVe dynastie, fondée par Snéfrou en \RÊ 2720 environ. Le roi, sous l’Ancien Empire, est le seul à ressusciter sous la forme d’une divinité. Il a également le pouvoir de se joindre au dieu Rê dans sa barque. Les pyramides sont construites selon cette conception: elles sont à la fois la colline primordiale sur laquelle Rê accomplit la création et la symbolisation des rayons du soleil, ainsi que l’escalier qui monte au ciel. Le souverain au sein de la pyramide accomplit, en quelque sorte, un retour dans la butte qui fut le point de départ de la création et c’est là qu’il trouve les forces nouvelles pour la résurrection. Le caveau, l’antichambre et, en partie, le couloir d’accès de la pyramide furent recouverts de textes à partir de la Ve dynastie, fondée par Ouserkaf en \RÊ 2560 environ. Ces textes sont centrés sur la résurrection royale et sur l’union du souverain avec le disque solaire. À Héliopolis, on adorait aussi le symbole de la pierre sur laquelle le démiurge apparut lors de la création du monde et qui était appelée pierre Benben. De la forme de celle-ci s’inspirent non seulement les pyramides, mais aussi les obélisques.

À partir de la Ve dynastie, le lien s’accentue entre le culte solaire et la nature. Ainsi, les reliefs des temples funéraires royaux sont décorés de scènes représentant les saisons. Cet aspect naturaliste se manifeste encore dans les temples solaires de la Ve dynastie; le mieux conservé est celui de Niouserré à Abousir, dont l’élément essentiel était constitué par une cour à ciel ouvert devant un gros obélisque symbolisant la pierre Benben. L’animal du dieu Rê était le phénix, dont le nom, Benou, appartient à la même racine que celui de la pierre Benben. Les Grecs ont élaboré la légende du phénix à partir de diverses croyances remontant à cette origine théologique: il semblait apparaître au matin avec le soleil et il portait bonheur; de plus, il semblait être immortel.

L’évolution théologique du dieu Rê est relativement complexe. D’abord divinité secondaire, il fut mis en relation avec le dieu Horakhty, l’Horus de l’horizon, et avec le dieu Atoum. C’est précisément de celui-ci que Rê tira son aspect de créateur. Ainsi, de différentes divinités (Rê, Atoum, Khépri, Horus de l’horizon) on ne fit plus qu’une seule divinité sous différents aspects. L’influence de Rê, dieu monarchique, baissa au profit d’Osiris, dieu populaire. La raison en était simple: en effet, avec le culte d’Osiris, tout le monde désormais pouvait devenir un dieu, un Osiris, ce qui n’était pas le cas avec le culte de Rê, qui permettait au seul pharaon d’être assimilé à un dieu. Cependant, on trouva rapidement un compromis en faisant d’Osiris un dieu de la terre et de Rê un dieu du ciel; Osiris devenait ainsi le corps du dieu, alors que Rê en était l’âme.

Les grands livres funéraires de la Vallée des Rois furent rédigés à l’époque du Nouvel Empire suivant ces conceptions. Le dieu-Soleil accompagné des autres divinités va au-devant de «son corps», ce qui lui permet de renaître le matin sous la forme du scarabée. Pour les morts, que le dieu-Soleil rencontre dans son voyage, l’issue est différente: «La mort est pour tout être une descente dans la réalité primordiale, mais, tandis que les élus reçoivent la force rajeunissante de l’informe et, par leur mort et leur résurrection, restent dans le cycle cosmique, les damnés ont droit à la «deuxième mort» hors de l’être dans le non-être» (Hornung). Les damnés, en faisant isefet , le mal, au lieu de maât , la norme, se sont mis hors de l’ordre du monde. Le dieu solaire n’est là que pour les élus, qu’il ressuscite sur son passage et auxquels il donne Maât, qui est nécessaire à leur existence. Deux thèmes se rencontrent donc dans ces livres: la résurrection du soleil et celle des élus. En raison de ce rôle cosmique, le dieu Rê connut ainsi une faveur particulière. La plupart des divinités l’assimilèrent, notamment Amon sous la forme d’Amon-Rê. Cette «solarisation» de la religion égyptienne fut encore renforcée par l’apparition du dieu Aton, dont la théologie devait reprendre bien des éléments de l’ancienne théologie héliopolitaine.

[ re ] n. m. inv.
XIIIe; 1re syll. du mot resonare dans l'hymne à saint Jean Baptiste → ut
Note de musique, quatrième degré de l'échelle fondamentale, deuxième son de la gamme naturelle. Ré naturel, ré dièse, ré bémol. Dans la notation anglaise, ré est désigné par D. Ton correspondant. Messe en ré mineur. Cette note représentée.

Re Symbole chimique du rhénium.

ou
dieu du Soleil chez les anc. égyptiens, représenté en général par un homme à tête d'épervier que surmonte le disque solaire, ou sous la forme d'un scarabée. Au Nouvel Empire, il fut nommé Amon-Rê (Amon étant le dieu de Thèbes) et put être représenté avec la tête d'un bélier.

⇒RÉ, subst. masc. inv.
MUS. Deuxième note de la gamme d'ut. Ré majeur, dièse; ré bémol; le ton de ré; concerto en ré mineur. Le ré volontaire et ferme, le mi dionysiaque, et ainsi des autres, chaque ton mineur marquant un certain abandon à son degré propre (ALAIN, Beaux-arts, 1920, p. 122).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. Ca 1223 (GAUTIER DE COINCI, Miracles Vierge, éd. V. F. Koenig, 1 Mir 11, 786, t. 2, p. 35). Syll. tirée, pour désigner la 2e note de la gamme, par Guido d'Arezzo [995-1050] du mot resonare dans l'hymne lat. de St Jean-Baptiste (cf. mi). Fréq. abs. littér.:145.

Re [ɛʀø]
Symbole chimique du rhénium.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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